Présentation

                              Frontispice du dictionnaire de Jean NicotDiplomate et érudit français, Jean Nicot, seigneur de Villemain (vers 1530-1600)
– plus connu comme l’introducteur du tabac* en France, dont il envoie du Portugal,
où il est ambassadeur, des pieds de “petun” à Catherine de Médicis – est l’auteur
du premier en date (1606) des dictionnaires français unilingues, le Thrésor
de la langue françoise tant ancienne que moderne
, ouvrage monumental
paru à titre posthume, auquel il travailla jusqu’à la fin de sa vie et qui
marque le début de la lexicographie française proprement dite.
C’est en fait une révision et augmentation du dictionnaire françois-latin
de Robert Estienne (1503-1559), le célèbre “imprimeur du
Roy” François Ier pour l’hébreu, le latin, puis le grec.
Cette vaste compilation est le premier ouvrage lexicographique
où le français occupe la première place, comme il appert du titre.
— *D’abord appelé nicotiane, le tabac était considéré comme une plante médicinale…

A la mémoire du professeur Henri Morier (1910-2004)

Bien écrire, c’est tout à la fois bien penser, bien sentir et bien
rendre ; c’est avoir en même temps de l’esprit, de l’âme et du goût.

Buffon, Discours sur le style

Consacré à la langue française écrite et s’inscrivant dans la ligne de la grammaire normative, ce site s’adresse à toute personne qui, du fait qu’elle écrit – que ce soit par plaisir ou pour des raisons professionnelles – est soucieuse de propriété des termes, de correction grammaticale, de cohésion syntaxique, d’élégance stylistique, c’est-à-dire toute personne qui soigne autant la forme que le fond, deux notions indissociablement liées, l’une conditionnant l’autre et vice versa.Cette expression latine, qui signifie réciproquement,
se prononce vissé versa. — Sur la forme
et le fond, cf. infra, III :
Ce à quoi doit servir ce site, 2°
Comme la langue écrite a ses caractéristiques propres, qui font qu’elle diffère passablement de la langue orale, on ne saurait écrire comme on parle, ce contre quoi Buffon, toujours dans son célèbre Discours sur le style, mettait déjà en garde : Ceux qui écrivent comme ils parlent, quoiqu’ils parlent très bien, écrivent très mal.

Point n’est besoin, pensons-nous, de souligner l’importance capitale que revêt la qualité de l’expression, tant écrite qu’orale d’ailleurs, à une époque qui, comme la nôtre, accorde une si grande importance à l’échange d’idées, à la communication entre les gens, aux rapports entre locuteurs ou scripteurs de langues différentes. Comme l’écrit Michel de Montaigne (1533-1592), “la parole est moitié à celuy qui parle, moitié à celuy qui escoute”. C’est, en définitive, une question de respect, aussi bien de la langue elle-même, telle qu’elle nous a été transmise, que de notre ou de nos interlocuteurs, lecteurs ou auditeurs. De ce point de vue, la grammaticalité de l’expression est de première importance.


On désigne du terme de GRAMMATICALITÉ le caractère d’un énoncé conforme à la grammaire descriptive d’une langue. C’est donc l’équivalent de la correction grammaticale, c’est-à-dire le fait qu’aucun des éléments constitutifs d’une phrase ne transgresse les règles de la grammaire. En matière de syntaxe, c’est le fait qu’une phrase est correctement construite. Ce terme correspond donc parfaitement au contenu et à la vocation de ce site

Bien écrire : un luxe inutile ?

     A une époque où la qualité de l’expression écrite passe, dans le meilleur des cas, pour un luxe inutile, quand ce n’est pas pour une marque de conservatisme bourgeois, ou, pis encore, pour un élitisme suspect, il est important, pensons-nous, de rappeler qu’une idéologie, quelle qu’elle soit, n’a pas à prendre le pas sur la science, grammaticale en l’occurrence, telle qu’elle s’est constituée au cours de siècles d’un travail systématique, dont le but a toujours été de mettre à la disposition des utilisateurs des moyens d’expression riches et variés, propres à exprimer les nuances les plus fines de la pensée humaine, la fin ultime étant la qualité de la communication, soit l’intelligibilité des idées et la compréhension réciproque.

 

 

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